Bogolan

Des tissus emblématiques africains, il est l’un des plus connus doute. Il provient originellement du Mali, La région de Ségou est aujourd’hui un des centres de production les plus dynamiques.

C’est là sur les rives du Niger que des grands maitres de cet art ancestral lui redonne une nouvelle vitalité.

 Bogolan, des mots bambara bɔgɔ la terre, et lan, suffixe signifiant « issu de » désigne à la fois l’étoffe et la technique de teinture.

Véritable œuvre picturale, sa réalisation demande une grande maitrise d’un processus long et complexe.

La fabrication du tissu est la première étape. Le coton est égrené, filé et tissé à la main de façon traditionnel. Il se présente à ce moment comme de longues bandes d’un tissu doux et épais de couleur crème. Ils seront cousus pour avoir des tissus de grande dimension.

Vient le moment de l’artiste. L’ensemble est plongé dans des décoctions de feuilles, selon des formules que se transmettent les artisans de générations en générations.

Le plus connu est le N’galama ou bouleau d’Afrique.

La couleur noire sera réalisée à partir d’argile du fleuve Niger mis à fermenter plusieurs mois dans un pot. Le blanc est une décoloration. Le marron clair est le résultat d’une décoction d’écorces de néré et le marron foncé s’obtient en mélangeant le n’galama et l’argile. L’ocre jaune s’obtient en mêlant le n’galama à de la cendre. Le couleur rose résulte de la décoction de l’écorce du raisinier sauvage.

Après séchage, l’étoffe sera lavée plusieurs fois afin d’en retirer l’argile.

L’artiste pourra enfin passer aux motifs qu’il réalise avec un pinceau à main levée.

Ces motifs sont caractéristiques d’une région, d’un village ou d’un artiste.

Une fois l’œuvre dessinée, le bogolan est mis à sécher afin que toutes les couleurs se révèlent. Pour finir l’artisan passera le bogolan par une nouvelle étape de lavage à l’eau savonneuse.

La symbolique du bogolan est forte, en effet étant teint à base de terre il est considéré comme imprégné d’énergie vitale. Traditionnellement ce tissu avait valeur de protection pour ceux qui le portaient.

Copié industriellement, ces motifs sont exploités dans le monde entier sans retombées économiques pour tous ces artisans qui permettent de garder vivant l’art du bogolan.